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Quand le flot montant s'engouffre dans la trouée de la digue, les kayakistes trouvent là une vague unique qui leur permet de surfer. Mais au fil des ans la digue s'est dégradée et les proches parcs à huîtres sont touchés par le fort courant. « Créée avant la Seconde Guerre mondiale, cette digue doit protéger les parcs à huîtres situés de part et d'autre du passage. Le courant y est si fort qu'il peut emporter nos coquillages lors des gros coefficients », explique Marc Bataille, l'un des sept ostréiculteurs travaillant autour de Berder. « C'est ce qui se passe depuis qu'au printemps une tempête a détruit la partie haute de la digue. D'autant plus qu'au fil des années, les kayakistes ont aussi élargi la trouée pour mieux se laisser porter par le courant. Aujourd'hui le rehaussement de la digue s'impose. Il y va aussi de la sécurité du passeur, gêné par la force du courant, et des kayakistes qu'il nous arrive de repêcher dans nos parcs jusqu'où ils sont parfois emportés. »
« Une vague unique »
Une version que conteste, photos en mains à l'appui, Stéphane Jubier. « Cela fait treize années que je fais du kayak ici. Voici trois ans, nous avons passé une matinée à colmater une brèche mais globalement j'ai toujours connu la digue dans cet état. Je crains qu'on profite de cette occasion pour nous évincer. »
Les kayakistes seraient-ils devenus gênants ? « Nous sommes plus d'une centaine à fréquenter ce site régulièrement. On y vient de tout le Morbihan et l'été jusque du Danemark ou d'Allemagne. La vague statique de Berder est unique dans la région. Elle n'est pas dangereuse mais la mairie craint peut-être pour sa responsabilité en cas de problème. Je comprends que le courant puisse gêner les ostréiculteurs, mais on va perdre de nos sensations en rehaussant la digue. Je n'imagine pas que ce spot puisse disparaître : je viens personnellement en moyenne dix jours par mois. » En y créant une véritable animation souvent suivie par de nombreux spectateurs.
Patrick CERTAIN.