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En 2000, il a créé Ecodis à Rennes. Puis en 2004, Finistérien d'origine, il veut se rapprocher de la mer et s'implante à Saint-Nolff, parce que « c'est boisé ». Le côté écolo du maire de la commune n'est pas sans lui déplaire.
Didier Le Gars sillonne la France et les pays voisins pour dénicher des produits écologiques, avec des critères très stricts en matière environnementale. Ses catalogues comptent près de 3 500 références. On y trouve de tout : de la vaisselle, des vêtements, du matériel de puériculture, des jouets, des ampoules de la peinture murale intérieur et extérieur, le tout écolo, bien sûr. En 2006, il a lancé un catalogue de produits écolos pour le bureau.
La fibre écolo, Denis Le Gars l'a de longue date. En 1993, il avait lancé les premiers supermarchés bio en région parisienne, « Les Nouveaux Robinson ». Un véritable pari : la consommation de produits bio était alors encore marginale. « Le bio à ses débuts a eu pas mal de période de vaches maigres ». En créant ses magasins, puis Ecodis, il sait qu'il a contribué à structurer la filière et donc à développer les produits écologiques.
Le goût du bel objet qui dure
« La plupart des produits existent dans une version écologique », souligne Didier Le Gars. « L'Allemagne et les pays du nord ont de l'avance. En France, quand on a commencé, ce n'était pas très connu. On a été les premiers à lancer du coton bio. Les gens ne savent pas que fabriquer un vêtement conventionnel, c'est très polluant. Cela nécessite parfois jusqu'à une trentaine de produits chimiques différents ».
Les produits bio que l'on commence à voir fleurir dans certaines grandes enseignes ne le convainquent pas. « Pas assez écolo, même si c'est déjà positif par rapport à du conventionnel », dit-il. « Nous, nos critères sont beaucoup plus strictes. À mes yeux, la norme NF environnement ne suffit pas ».
Didier Le Gars voyage pour découvrir les producteurs de produits soucieux de l'environnement. « On s'appuie sur des labels écologiques qui existent à l'étranger ou des cahiers des charges. On reste attachés à un développement qualitatif. On veut des produits dont les matières premières sont renouvelables, qu'ils soient réalisés dans le souci de productions de l'environnement, et de longue durée de vie. On se demande aussi si l'objet peut être réparé. C'est le coeur de notre métier et ce qui me passionne. On a le goût du bel objet, de produits qui parfois sont encore plus beaux en vieillissant. J'aime bien aussi savoir qui fabrique ces objets et comment ils les font ». Didier Le Gars s'érige contre la société du jetable. « On est à contre-courant des habitudes de consommation ».
Le créneau reste encore marginal et a un goût de trop peu. « Cela reste une niche. La preuve, on est les seuls à faire cela en France », regrette Didier Le Gars. Mais depuis quelque temps un frémissement se fait sentir. La fibre écolo gagne un peu de terrain. « Les points de vente augmentent et il y a plus d'acheteurs ».
Ecodis en tout cas progresse fortement, de 30 à 40 %. L'entreprise emploie actuellement une dizaine de personnes. Du coup, à côté du bâtiment actuel, tout en bois, isolé en cellulose et chauffé écolo aux granulés de bois, une seconde construction devrait voir le jour.
Nathalie JAY.
Didier Le Gars, à droite, et une partie des salariés d'Ecodis, société qui a pris place à Saint-Nolff il y a quatre ans.