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« Se mettre à nu »
La sculpture, il l'a découverte il y a huit ans, « par hasard », confie-t-il. Inspiré par la nature et l'homme, il travaille à partir de matériaux de récupération, principalement en acier noir, inox et cuivre, qu'il utilise à l'état brut. « Chacune de ces matières a une connotation différente sur la sculpture. Le cuivre, par exemple, a un côté chaleureux, et pour certains spirituel. Mais chacun a sa propre perception. »
Ses créations sont diverses : animaux, masques, figurations humaines... « Je n'ai pas un style défini, j'en ai plusieurs. Mes sculptures sont hétérogènes, toutes différentes. » Un message ? « Il y en a toujours un. J'ai le mien. »
A ses débuts, il n'a pas immédiatement présenté ses oeuvres au grand public. Il a commencé par ses proches. Il avoue que ce fut difficile. « C'est comme se mettre à nu », déclare-t-il. A l'époque, ses amis apprécient, le complimentent. « J'avais du mal à y croire mais je me suis rendu compte qu'ils étaient sincères, qu'ils aimaient vraiment et qu'ils ne disaient pas ça pour me faire plaisir. »
Exposer : une épreuve !
L'épreuve suivante fut d'exposer. Sa première expérience ? Ce fut lors d'un salon au Chorus. Attaché à ses créations, il refuse alors des propositions d'achat qui lui sont faites. « Je n'ai pas pu les vendre. C'était trop tôt pour moi, je n'étais pas prêt psychologiquement. »
D'exposition en exposition, Enuel se lasse. « J'avais l'impression d'être au maximum de ce que j'étais capable de réaliser, d'avoir fait le tour. » Pourtant, lors d'une manifestation à Carnac, il rencontre Bernard Bouin, artiste peintre, qui lui apporte un regard critique et le remotive.
Il prend alors un nouveau départ et rêve de réalisations plus grandes. La proposition d'Adib, directeur du centre socio-culturel Henri Matisse de Ménimur, tombe à pic. « Il m'a proposé de réaliser une oeuvre dans le cadre du carnaval. Habituellement, je suis incapable de créer sur commande. Il faut que l'idée vienne de moi. Mais Adib m'a laissé libre choix. Vu les délais très courts, j'ai repris une oeuvre existante. »
Située sur le parcours du carnaval de Ménimur, à l'angle de l'avenue du 4 août 1944 et de l'avenue Edgar-Degas, la sculpture représente un personnage accoudé, jambe fléchie, en attente du cortège festif. Elle mesure deux mètres cinquante. « C'est mon oeuvre la plus grande. Elle est intégralement réalisée en matière brute. Je ne voulais pas détériorer la matière. Les découpes ne sont pas droites, exagérées. Ca donne une impression d'inachevé. C'est pourquoi, elle n'est ni peinte, ni vernie. » Il aimerait qu'elle reste dans le quartier. « Tout d'abord pour me faire connaître mais aussi pour montrer qu'ici, il y a des personnes capables de réaliser des oeuvres pour le quartier. Cette oeuvre ce n'est pas que pour moi, c'est aussi pour les gens de Ménimur. »
Faysal HAROUAT.
Âgé de trente-trois ans, Enuel vit dépuis toujours à Ménimur. Il a créé une sculpture pour le carnaval de son quartier qu'il aime tant.
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