Football : Le Vannes OC se doit maintenant de prendre les devants
Rarement dangereux devant les cages tourangelles, les Vannetais de Christophe Avezac et Kemal Bourhani se sont inclinés pour la première fois. Photo : La Nouvelle République
Ligue 2. Bien en place défensivement, les Morbihannais connaissent en revanche des soucis au niveaude l'animation offensive. Du coup, la moindre baisse de régime peut s'avérer fatale.
La meilleure défense est sans doute l'attaque, mais encore faut-il pour cela avoir des arguments pour mettre en pratique cette séduisante théorie. Et c'est pourquoi, en règle générale, les entraîneurs privilégient dans un premier temps la mise en place d'une bonne assise défensive. Stéphane Le Mignan n'a pas dérogé à la règle et a offert au Voc des fortifications qui semblent en mesure de résister à l'adversité d'un championnat de Ligue 2.
Même s'il est encore trop tôt, après seulement trois journées, pour porter des jugements définitifs, le système défensif morbihannais a déjà apporté des garanties. La charnière centrale Leugueun-Delhommeau notamment qui, en plus de rassurer les troupes, n'hésite pas à apporter du soutien en première ligne. Les latéraux N'Diaye et Faivre n'ont jamais véritablement pris l'eau et l'ensemble peut bénéficier, en outre, de l'activité de Stéphane Auvray, harceleur en chef des attaquants adverses. Disposée en 4-1-4-1 ou en 4-2-3-1, voilà une formation bien sur sa base, ce qui est déjà beaucoup.
Jusqu'à la rencontre d'hier soir, les coups de pied arrêtés vannetais ont fait le reste. Trois buts marqués, trois coups de pied arrêtés à l'origine de ces réalisations. Une efficacité imparable qui, malheureusement, a connu des ratés en Touraine. D'où une défaite logique, même si elle a de quoi laisser des regrets. « Je suis un peu déçu car il y avait un coup à faire », déplorait Stéphane Le Mignan, conscient d'être passé à côté du jackpot. L'entraîneur vannetais résumait ainsi la situation après trois journées : « À Clermont, nous avons été très efficaces, face à Lens assez efficaces et là un peu moins. Or, à l'extérieur, il faut l'être davantage encore. »
Pas une frappe cadrée dans le jeu
Car ce petit moins a mis en lumière la grosse lacune morbihannaise de ce début de saison : l'animation offensive. Hors coups de pied arrêtés, point de salut pour le Voc. Vendredi, les Bretons n'ont cadré qu'une seule frappe... celle de Fabien Boudarène sur penalty, détournée par Jehle. Balle au pied, les attaquants morbihannais n'ont quasiment jamais fait la différence. Ce qui avait également été vrai face à Lens ou Clermont. Du coup, à force de ne pas marquer, on s'expose, et quatre jours seulement après un match comme celui fourni face aux Lensois, on finit par craquer. Ce qui est d'ailleurs arrivé de façon spectaculaire : « On prend un but suite à un contre de 100 m et c'est ça qui est regrettable, souligne Le Mignan. En quatre secondes, on concède un penalty et on prend un carton rouge. » But en prime et coup de déprime.
Et pourtant, Martot avait eu une belle opportunité auparavant mais n'a pas eu l'instinct du buteur, pas plus que Sammaritano n'a eu celui du défenseur par la suite. Et Ghislain Gimbert a beau peser de tout son poids devant, sans soutiens actifs et percutants, il est difficile de déstabiliser un adversaire attentif. Les absences programmées d'Avezac et Sammaritano face à Troyes ne vont pas faciliter la tâche du coach morbihannais. La recherche d'un nouvel attaquant, voulue par le Voc, n'en devient que plus urgente.
Frédéric HERVÉ.
Ouest-France