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Après avoir fait les beaux jours de Lorient, Seydou Keita porte aujourd'hui le maillot du Barça. : AFPPour le moment, je suis content de moi (sourire). Même si j'ai pris un peu plus de temps que d'autres joueurs pour arriver à Barcelone, tout s'est déroulé dans la continuité. C'est ça le plus important. Parfois on me dit que j'ai perdu du temps en restant cinq ans à Lens. Je n'ai pas ce sentiment-là, car la plupart des joueurs qui arrivent jeunes dans un grand club ont du mal à s'imposer. Mes cinq saisons à Lens m'ont permis de devenir beaucoup plus costaud mentalement, plus mâture et plus sûr de moi. Si, aujourd'hui, tout se passe aussi bien pour moi au Barça, c'est grâce à l'expérience que j'ai accumulée avant.
Qu'avez-vous ressenti quand vous avez signé votre contrat avec Barcelone ?
Avant d'arriver au Barça, cela faisait déjà deux ans que j'étais en contact avec le club. Quand j'ai signé, j'étais content mais sans plus, parce qu'à ce moment-là je me suis dit que le plus dur était à venir.
Quels sont vos objectifs cette saison ?
A Barcelone, les objectifs sont simples : gagner un maximum de titres. Ici, gagner est tellement « naturel ». Quand on fait match nul, on a l'impression que c'est une catastrophe. La pression est telle qu'en cas de contre-performance, les médias « tirent » sur tout le monde. Notre « contrainte » de joueur est donc simple : remporter des titres. Si on y parvient, cela veut dire qu'on a été bon.
Et d'un point de vue personnel ?
Je ne serais pas contre le titre de meilleur joueur africain. Mais quand on jette un oeil sur le continent africain, on voit qu'il y a beaucoup de grands joueurs comme Eto'o, Drogba, Adebayor, Kanouté...
Le Barça place beaucoup d'espoirs en vous (contrat jusqu'en 2012, clause libératoire à 90 millions d'euros). Comment gérez-vous la pression ?
A vrai dire, je n'y pense pas, j'avais même oublié cet aspect contractuel. Je suis totalement obsédé par les entraînements, les matchs, le fait d'être performant...
Parlons maintenant de Lorient. Vous souvenez-vous de l'image que vous aviez de Lorient au moment d'arriver durant l'été 2000 ?
Je me souviens que quand les dirigeants marseillais m'avaient annoncé que j'allais être prêté à Lorient, je me suis : « Pff, ce n'est pas possible ! » En plus, à Marseille, il y avait des gens qui me disaient en regardant la météo : « Regarde ! Il fait trop froid là-bas, ça va être terrible pour toi. » Mais, quand je suis arrivé, j'ai été agréablement surpris.
Au niveau sportif, vous vous êtes rapidement imposé au FCL.
Les deux saisons que j'ai passées à Lorient, surtout la première qui a été, pour moi, la saison la plus merveilleuse, ont été des années très importantes dans l'évolution de ma carrière. Lorient a été, aussi, une expérience humaine très enrichissante. J'ai fait des rencontres très intéressantes. Peut-être que des gens m'ont oublié là-bas, mais, moi, jamais je n'oublierai Lorient.
Si vous deviez comparer Lorient et Barcelone, que diriez-vous ?
Lorient n'a pas l'histoire du Barça. La pression médiatique n'a rien à voir non plus. Malgré tout, que ce soit à Barcelone ou à Lorient, on peut vivre de grands moments. Malgré leur différence de standing, Barcelone et Lorient sont deux clubs familiaux. Au Barça, ce sont les mêmes personnes qui travaillent depuis des années mais ici, comme le dit la devise « Mès que un club » (plus qu'un club), tout est dans la démesure. Tous les gens du club font en sorte de placer les joueurs dans les meilleures dispositions possibles.
Quelles sont les principales différences entre le coaching de Christian Gourcuff et celui de Gardiola, votre entraîneur à Barcelone ?
Gourcuff et Gardiola se ressemblent : ils sont exigeants au niveau tactique, rigoureux.... Je me rappelle de Christian (Gourcuff) avec son ordinateur. Rien ne lui échappait, il savait tout, il voyait tout, il connaissait parfaitement toutes les équipes. Quant à Pep (Gardiola), il n'a pas l'ordinateur de Christian (rire), mais il y a des gens qui travaillent pour lui.
A votre arrivée à Lorient, Christian Gourcuff vous a fait reculer sur le terrain en vous faisant jouer milieu axial. A l'époque, aviez-vous conscience que c'est à ce poste que vous alliez vous imposer au plus haut niveau ?
Je ne le savais pas. A vrai dire, avant d'arriver au FCL, je jouais parfois à gauche, parfois à droite, parfois en dix... Quand j'ai posé mes valises à Lorient, l'équipe évoluait dans un 4-4-2 classique. Pour moi, le plus facile était de jouer dans l'axe du milieu de terrain. Avec Christian, j'ai beaucoup appris, notamment au niveau tactique. C'est un entraîneur qui m'a beaucoup apporté et qui m'a fait énormément progresser.
A la fin de votre première année sur Lorient, Christian Gourcuff est parti à Rennes et a essayé de vous recruter. Avez-vous été tenté de poursuivre l'aventure avec lui ?
Oui, j'y ai pensé mais cela n'a pu se faire. J'aurais pourtant aimé car Christian Gourcuff est un entraîneur qui m'a donné envie de jouer au football, qui m'a donné confiance en moi, qui m'a fait me « sentir important ». La saison qui a suivi son départ, le FCL est descendu en Ligue 2. Avec lui comme entraîneur, je suis sûr que la donne aurait été différente. On serait resté en Ligue 1. Il n'y a pas de hasard, quand il est revenu à Lorient, le FCL est remonté en Ligue 1 et il y est toujours. Il y a des entraîneurs qui sont là pour être là, Christian, lui, fait grandir et progresser ses joueurs.
Quel est votre meilleur souvenir à Lorient ?
Il y en a deux. La montée en Ligue 1 en 2001, et notre victoire la Coupe de France la saison suivante.
Et le pire ?
La descente en Ligue 2. Heureusement, le FCL n'a pas trop tardé à retrouver la Ligue 1.
Suivez-vous, toujours, l'actualité du club ?
Ah oui ! J'essaye toujours de m'informer à droite et à gauche des performances de Lorient et de Lens.
Avez-vous gardé contact avec des personnes à Lorient ?
A une période, j'avais des nouvelles du coach, de l'ancien président, André Jégouzo, des kinésithérapeutes, notamment Bernard Gau. Mais depuis un petit moment, j'ai perdu contact avec eux.
On vous sent réellement attaché à Lorient.
Vous savez, j'ai tellement de bons souvenirs de Lorient. Avoir joué là-bas a vraiment été une superbe expérience. D'ailleurs, passez le bonjour à Lorient de ma part !
Recueilli par
Rosemary BERTHOLOM.