« On ne joue jamais pour du beurre en Coupe de la Ligue ». Cette remarque d'un membre de la LFP (Ligue de football professionnel) résume à elle seule l'intérêt financier que réprésente cette compétition réservée au monde professionnel. Cet univers, le Vannes OC en fait aujourd'hui partie, ce qui lui donne donc accès à la fameuse « tirelire ». Une aubaine pour le club morbihannais qui, avec 6,7 millions d'euros, présente le plus petit budget de Ligue 2.
Autant dire qu'après la gifle reçue à Ajaccio (4-0) vendredi, la rencontre de demain face à Dijon revêt un double intérêt. Sportif bien sûr mais aussi financier. Et d'ailleurs Stéphane Le Mignan, l'entraîneur vannetais, n'a l'intention de ne négliger ni l'un ni l'autre:
« Vu ce que nous avons montré le week-end dernier, il est important de rejouer assez rapidement pour tenter de se rassurer. Et puis, pour un club qui a le 20e budget de Ligue 2, une telle compétition n'est pas négligeable. Ceci dit, j'aurais autant aimé que ce soit un match de championnat qui arrive juste après. Je ne dirais pas que la défaite à Ajaccio est traumatisante mais il faut effacer ça sinon, ça peut peser dans les têtes. » Pas question donc de faire tourner un effectif en quête de réhabilitation:
« Nous n'avons pas de joueur sélectionné en équipe du Brésil, lance dans un sourire l'entraîneur vannetais,
pas de match de championnat vendredi prochain; nous alignerons l'équipe la plus compétitive. »Deux millions pour le vainqueur
Ce n'est pas Michel Jestin qui s'en plaindra, le président vannetais reconnaissant facilement que ce genre de compétition, qui n'est pas budgetisé, peut aider financièrement lors d'une saison:
« Ce sont des dotations qui peuvent donner un coup de main pour des petits trucs qui n'étaient pas prévus. Nous avons par exemple formé une quarantaine de personnes pour la sécurité cette saison. » Des dotations (1) qui n'ont rien d'anodin: en cas de défaite face à Dijon, le Vannes OC empochera tout de même 100 000€, 120 000€ en cas de défaite lors d'un éventuel second tour et ainsi de suite jusqu'aux deux millions d'euros promis au vainqueur de la compétition. Soit environ le tiers du budget du Voc cette saison.
« C'est énorme! Ça peut être une très bonne affaire, mais bien sûr on ne peut en aucun cas faire de prévision, que ce soit en Coupe de la Ligue ou en Coupe de France », précise Michel Jestin. Cette dernière étant en revanche beaucoup moins rémunératrice, un club défait au 2
e tour de la Coupe de la Ligue recevant à peu près autant qu'un club qualifié en 1/8 de finale de la Coupe de France (2).
« Tous les matches, il faut les jouer à fond », résume de toute façon le président du Voc. Histoire de couper court à toute spéculation. Sportive ou financière.
Frédéric HERVÉ.
(1) Dotations pour la Coupe de la Ligue 2008-2009. Eliminé au 1
er tour: 100 000€, éliminé au 2
e tour: 120 000€, éliminé en 16
es de finale: 200 000€, éliminé en 8
es de finale: 300 000€, éliminé en 1/4 de finale: 450 000€, éliminé en demi-finale: 700 000€, finaliste: 1,3 millions d'euros, vainqueur: 2 millions d'euros.
(2) Dotations pour la Coupe de France (en 2006-2007). Club vainqueur au 7
e tour (entrée en lice Ligue 2): 6 000€, vainqueur au 8
e tour: 35 000€, vainqueur en 32
es de finale: 40 000€, vainqueur en 16
es de finale: 60 000€, vainqueur en 8
es de finale: 130 000€, vainqueur en 1/4 de finale: 280 000€, vainqueur en demi-finale: 560 000€, vainqueur de la Coupe de France: 700 000€.
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