Dossier spécial

Festival de la photo de mer Festival international de la photo de mer
A Vannes, du 18 avril au 18 mai !

Actualité dossier

Actu

Édition du mardi 22 avril 2008

Il photographie les gestes d'amour et d'affection

Photo de mer. Mickaël Bougouin est lauréat de la bourse professionnelle du festival. Avec son épouse journaliste, il va poursuivre leur projet.

Mickaël Bougouin, vous êtes journaliste professionnel indépendant à Paris. Vous venez d'obtenir la Bourse professionnelle (1) du 4e Festival international de la photo de mer, pour réaliser un projet photographique sur la thématique maritime. Quel est le vôtre ?

Mickaël. C'est la poursuite d'un projet commun avec mon épouse, Sabine, journaliste indépendante. Nous abordons un territoire peu exploité par l'image alors qu'il est universel en littérature : l'amour. Il y a deux ans, nous avons commencé « 1 000 gestes d'amour », documentaire photo et interview : nous ambitionnons de recueillir les témoignages d'amour et d'affection à travers le monde.

Sabine. L'objectif, c'est de montrer de façon spontanée en quoi, dans le quotidien à travers les quatre coins du monde, tout à chacun montre son affection à sa compagne, son compagnon, ses enfants. Ça se traduit par des regards, des attentions... Une multitude de gestes liés aux origines culturelles, ethniques et religieuses auxquelles on appartient.

Vous avez déjà exploré trois continents, l'Asie, l'Océanie, l'Amérique du Sud, pour ce long travail autofinancé. Quelles différences avez-vous observé ?

Sabine. Au Chili, on est « collé(e) » à sa copine, son copain, bras dessus, bras dessous. A l'université, les étudiants continuent à se bécoter pendant les cours ! Ces gestes illustrent un pays très démonstratif où il faut prouver son amour.

Mickaël. A l'autre bout du monde, en Inde, il y a une immense distance : on voit rarement un couple marcher côte à côte.

Le Sri Lanka a été à l'origine des images que vous avez présentées au festival...

Mickaël. On devait proposer cinq images d'un travail personnel, pour donner une sensibilité au jury, et soumettre un projet en lien avec la mer. J'ai réalisé les images - je travaille en argentique - au Sri Lanka : à Colombo, la capitale, nous avions trouvé une plage où on avait l'impression que la mer opérait une certaine magie sur les gens. Des couples s'embrassaient sous des parapluies sous prétexte de se protéger du soleil, des jeunes filles en sari s'amusaient dans l'eau, un père emmenait pour la première fois son enfant mettre les pieds dans l'eau... C'était magique. Les gens sont totalement transcendés au contact de l'eau. La mer opère comme une bouffée euphorisante.

Sabine. C'était d'autant plus magique qu'au Sri Lanka, on trouve peu de démonstration. Les couples se tiennent rarement par la main ; les jeunes amoureux, soumis à une très haute surveillance familiale, doivent se cacher dans les parcs.

Avec la bourse professionnelle, soit 8 000 €, vous allez continuer « 1 000 gestes d'amour » au Moyen-Orient, avec le projet « Happy days ».

Mickaël. « Happy days » s'articule autour d'une série de reportages principalement dans les pays du Moyen-Orient où se concentre une grande diversité sociale, économique et politique. Nous partons cet été au bord de la mer, dans des pays qui nous attirent : Iran, Israël, Territoires palestiniens, Liban, Arabie-Saoudite. Il s'agit de mettre en avant le paradoxe de la rigueur comportementale avec l'euphorie de tous ceux qui osent regarder la mer face à face. Le temps d'un dimanche, tout devient possible ! On en rapportera une expo photo et texte pour le festival de 2009.

Christelle QUINTARD.

(1) 41 photographes ont concouru pour cette édition.

Ouest-France

Les autres titres

maville.com Tous les flux RSS d'actualités