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Le canot de sauvetage, « Vice-amiral Schewerer II », avait pris part à l'expérience. Il se retourna en se portant au secours des passagers du canot pneumatique. Ces hommes, qui refusaient d'abandonner leur canot en bois, il fallait les convaincre, coûte que coûte. L'essai effectué le 18 août de la même année, sur mer calme, n'avait pas réussi à les persuader. Le défi de renouveler l'expérience, par mauvais temps, était alors lancé.
Ce vendredi 3 octobre semblait être à la hauteur. Le coefficient de marée était de 67, et le vent de force 5 à 6. Ce matin-là, la barre était « en croix », selon l'expression utilisée pour dire qu'elle est mauvaise. En d'autres circonstances, les autorités maritimes n'auraient permis à aucun navire de la franchir. Elles ont fait une exception pour le Bombard, le canot de sauvetage Vice-amiral Schwerer II et le remorqueur Ville d'Étel, chargé d'emmener le radeau sur zone. Quinze hommes avaient décidé de prendre part à l'aventure, dont sept « naufragés volontaires » sur le Bombard.
Une fois sur la barre, ce dernier s'inclina rapidement face aux rouleaux. Immédiatement, le canot de sauvetage se porta au secours des hommes tombés à l'eau. Mais un bout pris dans l'hélice le rendit ingouvernable. Il chavira à son tour et resta la coque en l'air.
Cinquante ans après, Étel vit toujours avec le souvenir de cette impossible expérience... et des neuf hommes qui y ont laissé leur vie.
Christel MARTEEL.
Commémoration sur le port, ce vendredi 3 octobre : 9 h 30, messe sous la criée ; 10 h 45, inauguration d'une stèle ; 11 h 30, mise à l'eau d'une gerbe sur la barre ; 12 h 30, réception sous la criée.