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Le Vannes OC

Édition du dimanche 27 avril 2008

La Rabine frustrée de voir ses héros fatigués

Ambiance. Les joueurs vannetais avaient à coeur de fêter l'accession à La Rabine. Mais le but de Babin et les sifflets d'une partie du public ont douché leur enthousiasme.

Dans le genre opération séduction on a déjà vu mieux. Et pourtant, les Vannetais avaient soigné la tenue. Joueurs et staff, Stéphane Le Mignan excepté, avaient ainsi teint leurs cheveux en noir et blanc. Onze « Gwen ha Du » face aux « Sang et Or » martégaux pour une soirée qui s'annonçait haut en couleur. La Rabine devait faire la fête à ses héros. Et les supporters avaient de l'envie à revendre, le tifo était de sortie mais aussi une banderole de soutien à l'entraîneur vannetais : « Merci Stéphane Le Mignan. Les supporters sont avec toi. » Un message en direction des administrateurs du club qui choisiront mardi soir entre les deux projets de SASP (Le Mignan ayant pris parti pour le projet de Michel Jestin). « On soutient Stéphane (Le Mignan), expliquait Françoise, la vice-présidente des Hermines du Voc, il a conduit le club du CFA en Ligue 2, on ne veut pas qu'il parte. On vivrait son départ comme une vraie cassure. »

« Les sifflets m'ont fait mal »

Mais la fête a tourné court. La faute à des Martégaux solidaires et pas encore sauvés de la relégation. Une crainte qui avait de quoi motiver les troupes face à des Bretons déjà assurés, eux, de jouer à l'échelon supérieur. Et qui, forcément et légitimement, ont senti retomber la pression cette semaine. « J'aurais aimé qu'on fasse la fête sur le terrain mais on ne peut pas en vouloir aux joueurs, soulignait Stéphane Le Mignan. On a fêté l'accession la semaine dernière et puis, les soirées improvisées sont souvent les meilleures. »

Et pourtant, les spectateurs n'ont pas hésité à montrer leur mécontentement, à la grande déception des joueurs vannetais.

Romain Reynaud en tête : « Je viens d'une région (la région de Saint-Etienne) qui a une autre mentalité au niveau du public. Quand l'équipe n'est pas bien, on nous encourage, là il nous enfonce. Il ne faut pas oublier qu'on monte. Si les gens veulent voir des 4-0, ils n'ont qu'à aller voir des Manchester - Séné ! »

Une frustration ressentie également par Jérôme Lebouc « dégoûté par l'attitude des spectateurs », mais aussi par Ulrick Chavas : « On nous avait dit que Tours avait perdu, on est déjà en Ligue 2, c'est légitime d'avoir un peu relâché. On a trimé toute l'année, on s'est dépouillé... Là, quand on entre sur le terrain et qu'il y a seulement une moitié du public debout alors que le speaker demande une standing ovation, on se dit déjà que ça va être compliqué. On n'a pas toujours été bons mais les sifflets m'ont fait vraiment mal. »

Une « mésentente cordiale » qui aura peut-être davantage nui à la soirée, au final, que le retourné victorieux du Martégal Babin. Car si les joueurs vannetais avaient à coeur de faire la fête en pénétrant sur la pelouse, ils n'avaient pas forcément la tête à sourire en la quittant. Et c'est bien dommage.

Frédéric HERVÉ.

Ouest-France

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