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Sylviane Le Corre, en charge du rayon vinyles à la Trocante, ici entourée de deux de ses collègues dont Mathieu Olivier, responsable du dépôt du magasin (au milieu), a observé une progression des ventes de 33 tours d'occasion ces cinq dernières années. « Depuis quatre ou cinq ans, les ventes remontent en flèche », observe Mathieu Olivier, responsable du dépôt de la Trocante à Séné. Au magasin de marchandises d'occasion du Poulfanc, le rayon n'a cessé de grossir. Il propose aujourd'hui près de 2 000 références. A l'heure du déclin du CD, le bon vieux vinyle fait de la résistance.
Le jazz très prisé
Les disques les plus convoités sont ceux sortis dans les années 70 et 80. Le rock et la variété française ont actuellement le vent en poupe. « Le jazz est aussi très prisé mais on a dû mal à en trouver, regrette Sylviane Le Corre, dite Sissy, en charge du rayon. Normal, ces artistes n'ont jamais été des grands vendeurs. Il n'y a donc pas beaucoup de disques sur le marché. » Certains styles, en revanche, sont très peu recherchés. « C'est le cas du classique ou encore des folklores régionaux. La musique bretonne a toutefois toujours ses adeptes. » Parole d'experte !
Sissy est devenue, en quelques années, une spécialiste connue et reconnue du vinyle d'occasion à Vannes. C'est elle qui, derrière le comptoir des achats, se charge de repérer les pièces susceptibles de séduire ses clients fidèles.
Entre 2 € et 150 € l'unité
« Les gens viennent la plupart du temps pour débarrasser leur grenier. Ils arrivent parfois avec des caisses entières. Je fais mon tri et j'achète cash par lot, entre 0,50 € et 5 € l'unité. » Dans les bacs, les prix oscillent ensuite entre 2 € et 150 €.
Sylviane ne cache pas que ce rayon réalise sans doute les marges les plus importantes du magasin. En matière d'argus, Sissy est très calée. Contrairement à d'autres pays comme les États-Unis et le Japon, la France n'a pas de bible officielle. Elle se base donc sur les prix pratiqués sur des sites web dédiés aux vinyles d'occasion.
Remède magique
Le magasin ne craint pas la concurrence des sites d'enchères. Et pour cause : « On vend systématiquement 30 % au-dessous de la cote Internet. On ne joue pas dans la même cour : ici, on vient fouiner. Les amateurs peuvent se rencontrer, échanger, toucher les disques, juger de leur qualité, les écouter, sentir les vieilles pochettes aux odeurs si particulières qui rappellent tant de souvenirs. »
Ces belles jaquettes, Sissy en prend soin. « Chacune d'entre elles est briquée avant sa mise en rayon. Tout comme les disques. » Et pour ça, elle a ses trucs. « J'ai mis du temps à mettre au point mon produit magique mais j'y suis parvenue. » Le mélange est savamment dosé : « une goutte d'eau écarlate, un peu d'alcool ménager, de produit à vitre et le tour est joué ». Il n'y a plus qu'à s'équiper d'un chiffon doux et à frotter délicatement les traces de moisissure et autres impuretés.
Si les vinyles se vendent bien, les platines qui vont avec également. Et pas que les plus récentes utilisées par les Dj's. « Celles qui ont entre vingt-cinq et trente ans partent comme des petits pains, rapporte Mathieu Olivier. Ça ne fait pas peur aux passionnés de mettre 300 € dans un bel équipement. » Quand on aime, on ne compte pas. Surtout quand on est collectionneur de vinyles !
Dossier réalisé par
Lionel CABIOCH.
Pratique. Une braderie aux disques vinyles est organisée ce samedi de 10 h à 12 h et de 14 h à 19 h à la Trocante, près d'Intermarché, à Séné. Les plus matinaux se verront offrir le café.