Que pensez-vous de la nouvelle organisation du service de bus ?
Pour ou contre la scolarisation des moins de 3 ans ?
Festival de Saint-Nolff
Concours « vos plus belles photos de vacances ! »
Co-location



Marilou voyage hors de son île des Philippines pour la première fois. Arrivée fin avril, elle est accueillie en ce moment au lycée privé horticole de Kerplouz à Auray, dirigé par Christian Thomas, à ses côtés. L'écologie à l'autre boutdu monde
Fille d'une famille de modestes agriculteurs vivant sur l'île dans les montagnes, elle a pu étudier à l'université de son pays l'agronomie grâce au soutien des associations bretonnes qui aident l'exploitation pas comme les autres.
Cette ferme a été initiée par un missionnaire, le père Caroff, aujourd'hui âgé de 83 ans, qui vit toujours aux Philippines. Originaire de Saint-Thégonnec, dans le Finistère nord, le père Caroff, Oblat de l'Immaculée conception, est arrivé aux Philippines au début des années 80. Il y vivra un kidnapping d'un mois, sans pour autant se démotiver pour son action pour le développement agricole.
Marilou le connaît depuis toujours. « Il m'a baptisée quand j'étais bébé. Je vais le voir tous les mois ». Elle a été formée pour permettre la poursuite de l'oeuvre accomplie au sein de la ferme Galilée. Elle veut se perfectionner pour permettre de « rendre la ferme autosuffisante ». Elle est surtout intéressée par l'agriculture bio. Elle vient d'ailleurs d'être accueillie pendant trois jours dans une ferme bio à Guiscriff avant son arrivée à Auray. « Je veux apprendre plus sur l'agriculture biologique, confie la jeune femme dans un Anglais couramment parlé. Les agriculteurs chez nous utilisent trop de produits chimiques. On leur explique l'importance de l'environnement et qu'il ne faut pas polluer l'eau. On les encourage à planter différentes essences d'arbre pour reboiser l'île ».
Un jardin d'Eden
En 1993, la congrégation du père Caroff a acheté les 9 hectares de friches à Bugwak, sur un ancien camp d'entraînement abandonné par la guérilla, pour son projet. Fils de paysan, son but est de réhabiliter des terres devenues incultes.
La friche a été transformée en un jardin d'Eden. Tout simplement en utilisant des méthodes inconnues alors dans l'île : systèmes hydrauliques élaborés, cultures en courbes de niveau, recyclage des déchets en engrais... La ferme est devenue un modèle reconnu sur toute l'île et bien au-delà. On y cultive maïs, riz, arachide, sorgho, café mangue et agrumes. On y élève des cochons, des vaches et des chèvres. Elle fait vivre 25 familles, accueille des agriculteurs et des étudiants. Sept personnes la gèrent, sous la houlette d'un autre religieux qui a pris le relais du Père Caroff, malade.
Tout cela a été aussi possible grâce au soutien financier des Bretons : une association de soutien a été créée à Saint-Thégonnec et a recueilli près de 90 000 € pour le financer le projet. En 1990, la coopérative laitière Even a apporté son soutien par un fonds d'aide aux pays en voie de développement.
Marilou découvre pour la première fois le monde occidental. « J'ai pris pour la première fois l'avion. Ici, c'est très différent et il fait plus froid ».
A lycée de Kerplouz à Auray, on est heureux d'accueillir et aider la jeune femme et de s'ouvrir au reste du monde. « C'est une première d'un partenariat durable ». Tous les deux ans, un Philippin s'y verra accueilli. Des lycéens d'Auray et de Ploërmel iront aussi tour à tour sur l'île des Philippines.
Nathalie JAY.