Iggy Pop, carte maîtresse des programmateurs de ce festival du Morbihan, samedi.
Entretien
Joël Bernard, responsable de la programmation, et Christophe Maugan, vice-président de l'association Au coin du bois, co-organisateurs du festival de Saint-Nolff, répondent d'une même voix.
Depuis 1997, Portishead, Nick Cave, Muse ou encore Renaud ont joué à Saint-Nolff. Ce samedi, c'est au tour d'Iggy Pop. Incontournables, les têtes d'affiche ?
Oui, pour rassembler, donner une âme au festival, une couleur. Si la Route du rock ou les Vieilles Charrues attirent, c'est grâce à une programmation cohérente et engagée. Les festivals qui battent de l'aile font le grand écart en terme de styles musicaux. Et pas d'Iggy, pas de festival. Ce genre de star attire au moins 5 000 personnes. Même avec un budget de 500 000 ?, on doit amortir.
Et votre engagement écolo avec des conférences animées par Greenpeace depuis deux ans, ça compte ?
Réchauffement climatique, protection des océans... On peut écouter de la musique et s'engager ! C'est une valeur ajoutée, notre différence. D'autant que les Têtes raides ou Femi Kuti passeront, comme à leur habitude, des messages pour le respect de la planète et des hommes qui y vivent.
Les cachets des artistes explosent. La faute aux ventes de CD en berne, dit-on. Inquiétant pour l'avenir ?
Ça peut le devenir. Cette année, on a dragué REM. Mais on ne pouvait pas assumer un cachet à six chiffres ! Même avec le soutien des municipalités et des élus. Il faut négocier ferme. Par exemple, Femi Kuti est à la fête de l'Huma. Ça arrangeait son agent de bloquer plusieurs dates en France. Tout le monde s'y retrouve. Organiser un festival est devenu un vrai tour de force. Mais quand on y croit...