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 : Hatem Moussa/Agence BluePress
: Hatem Moussa/Agence BluePress
Édition du vendredi 18 avril 2008

Vannes cité de la photo de mer

La quatrième édition du festival international Photo de mer démarre aujourd'hui.

Entretien

Didier Rapaud.

Ancien rédacteur en chef de Paris Match et directeur artistique du festival.

Quelle est la dimension de cette manifestation ?

Pour le grand public, c'est une belle occasion de rencontres avec de grands noms de la photographie : Riboud, Jobard, Plisson... La plupart marqueront le festival de leur présence. Les quinze expositions gratuites sont installées en intérieur et en extérieur. La fréquentation est estimée à 150 000 personnes.

Comment avez-vous conçu cette exposition où plus de 600 photos sont mises en scène dans des lieux phares de Vannes ?

Comme un magazine « puissance dix » ! Avec des photos d'actualité. Je ne sais faire que ça ! C'est mon métier ! J'y intercale des clichés durs sur un plan émotionnel avec d'autres plus légers comme les photos de Daniel Angeli, le paparazzo à la plage. Je n'ai pas choisi ses photos pour choquer. Simplement, même dans le « people », il y a de l'actualité. D'autant plus qu'en ce moment, on parle beaucoup de vie publique/vie privée.

Qu'est-ce qui a dicté votre choix dans les photos retenues ?

Des rencontres ! Comme avec Marc Riboud, monstre sacré de la photo, qui a mené un sujet sur la construction du France, le paquebot transatlantique mis en service en 1962. Un coup de coeur. Ses photos n'ont jamais été publiées ni exposées. Ce qui est montré de lui à Vannes est complément inédit. Je lui ai demandé de m'envoyer une trentaine de clichés. Au départ, il n'était pas très chaud. Il a fallu le convaincre.

Des photos du festival ont déjà été exposées. Pour les autres, avez-vous passé des commandes ?

Une seule. Il s'agit des photos de l'agence BluePress. Là aussi, c'est parti d'une rencontre... À l'agence Gamma où, j'ai été directeur de 2002 à 2004, j'ai fait la connaissance de Sana Bria et Jean-Marie Hosatte qui ont monté l'agence BluePress à Tel Aviv. Dans celle-ci, ils font travailler des photographes israéliens et palestiniens. J'ai trouvé cela intéressant. Je leur ai proposé de nous faire des photos de mer vue par un Palestinien et un Isrélien (voir en dernière page). Le résultat ? Il y a des photos qui s'opposent, d'autres qui s'épousent.

quel regard portez-vous aujourd'hui sur le photo-journalisme ?

J'ai bien peur qu'il soit condamné à plus ou moins long terme. Aujourd'hui, on tombe dans la photo d'illustration. Il y a de moins en moins de commandes. Un jour ou l'autre, les magazines n'auront plus la matière. Ce qui porte directement atteinte au droit à l'information. La photo d'actu est évincée au profit de la photo esthétisante.

 

4e édition du Festival international de la photo de mer, jusqu'au 18 mai à Vannes. Quinze expositions gratuites ouvertes de 9 h à 19 h dans toute la ville. Tél. 02 97 01 62 20, www.photodemer.fr

Recueilli par Sophie MARÉCHAL.
Ouest-France

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