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Mai 68... 40 ans après

Édition du mercredi 07 mai 2008

Vers la fin de la grève et un retour à la normale

Mai 68... 40 ans après. Après un mois de manifestations et de pénurie de denrées, le nombrede grévistes à Vannes se réduit début juin. Peu à peu la vie reprend.

Des records de fréquentation. Des manifestations drainant jusqu'à 6 000 personnes... A Vannes, on n'avait jamais vu ça avant mai 68 ! Au plus fort de la contestation, du 22 au 30 mai, les Renseignements généraux ont comptabilisé dans le Morbihan 3 165 grévistes (sur 3 180) dans l'enseignement public, entre 135 et 340 grévistes (sur 2 800 enseignants) dans l'enseignement privé, 845 grévistes à la SNCF (sur 860 agents), 610 grévistes à EDF-GDF (sur 637), 260 grévistes à l'Arsenal de Vannes (sur 260 salariés). Dans le privé, 9 910 salariés ont déserté leur poste. Pendant ce temps, l'usine Michelin zone du Prat est la seule occupée dans le Morbihan.

Vers un retour à la normale. Toutes les histoires ont une fin... Celle de mai 68 également. Au fil des jours, le nombre de grévistes va se réduire progressivement : les accords de Grenelle conclus le 27 mai ont satisfait les salariés mais pas les fonctionnaires qui poursuivent leur mouvement début juin. Dans le corps enseignant, la reprise s'amorce le 10 juin. Mais la vie n'a pas attendu cette date-là pour reprendre.

Dès le 1er juin, c'est le retour de l'essence dans plusieurs stations de la ville à la suite du déblocage de la raffinerie de Donges par les CRS. D'impressionnantes files d'attente se constituent, débordant parfois sur la voie publique. Trois jours plus tard, le travail reprend dans les administrations et services publics. Même phénomène observé sur le chantier de la Zup de Ménimur.

Chez Michelin, en revanche, ça continue. Le 4 juin, une cinquantaine de voitures bloquent la circulation au rond-point de la rue Joseph-Le Brix.

Le préfet Jacques Penel s'adresse via la presse aux travailleurs sans emploi, leur signalant que le paiement des indemnités de chômage va être possible, « les perceptions disposant désormais des fonds nécessaires ».

La pénurie prend fin. Dès le 5 juin, le marché, place du Poids-Public, fait à nouveau le plein. Les étalages des marchands ambulants sont plus approvisionnés que les semaines précédentes. Des ventes directes de fruits et légumes entre producteurs et consommateurs font leur apparition. On voit même des légumiers de la région de Saint-Pol-de-Léon (Finistère) venir vendre leurs choux-fleurs à Vannes.

La directrice du lycée polyvalent de Kercado, à l'instar des autres établissements, invite les 180 délégués à venir au lycée « afin de préparer la rentrée ». De son côté, le préfet informe le ministre de l'Intérieur Raymond Marcellin, qui n'est autre que le maire de Vannes, que l'opinion publique morbihannaise est calme : « Elle attend la reprise du travail dans les secteurs non encore remis en marche. »

La gare SNCF retrouve peu à peu son activité. Le 7 juin, Michelin n'est plus en grève tout comme les écoles primaires. Pas de doute, Vannes est rentrée plus rapidement dans le rang que Lorient qui a joué les prolongations avec les marins pêcheurs et les métallurgistes.

Marcellin réélu. Le 13 juin, le préfet informe le ministre que « l'opinion publique commence à s'intéresser à la campagne des législatives, qu'elle la suit avec beaucoup de sérieux et qu'elle éprouve de la lassitude à l'égard de l'agitation étudiante ».

Quatre jours après, au stade Bécel, débutent les épreuves d'éducation physique et sportive du bac. Les autres ne commenceront que le 24 juin, soit quinze jours plus tard que les années précédentes. Le 23 juin, Marcellin est réélu député triomphalement dans la première circonscription du Morbihan. Sa gestion de la fin de crise en tant que ministre de l'Intérieur n'est peut-être pas si étrangère à ce résultat historique.

Ouest-France

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