Transféré et modernisé en s'implantant au Poteau à Saint-Avé (ici, lors de son installation), le laboratoire départemental d'analyses doit aujourd'hui faire face à une concurrence accrue du secteur privé. : Archives Ouest-FranceConseiller général du canton d'Elven, Joël Labbé s'est ému de cette situation hier, au second jour de la session du conseil général, à l'occasion du dossier consacré aux aides à l'agriculture. Car si ce laboratoire analyse la qualité des eaux potables, du littoral et des rivières du Morbihan, il travaille aussi pour l'élevage et l'industrie agroalimentaire.
« Son rôle est important dans le domaine de la santé publique. Son activité a augmenté de plus de 10 % par rapport à 2007, avec notamment le retour d'usagers qui s'étaient tournés vers des laboratoires privés. C'est là un signe fort de la nécessité de maintien d'un service public qui garantit la notion de neutralité », lance Joël Labbé.
Pour autant, le devenir de ce laboratoire suscite des interrogations. « Il est aujourd'hui surdimensionné pour ses interventions mais on ne réduira pas les effectifs. Il faut alors trouver des activités complémentaires ou une association avec des partenaires », répond Jo Kerguéris, président du conseil général. Avant de préciser : « Des négociations sont en cours à la fois pour un rapprochement avec le groupe Evialis (NDLR : ex-Guyomarc'h, à Saint-Nolff) et pour un grand laboratoire public dans l'Ouest à la demande des laboratoires des trois autres départements bretons, avec le risque que chaque laboratoire conserve une trop grande spécialité. »
Un labo public régional ?
L'exemple du laboratoire de génie industriel de Ploemeur, qui s'est récemment associé à l'Institut Pasteur de Lille, a alors été évoqué. « Il faut s'unir à cet Institut pour développer un grand pôle de recherche de sécurité sanitaire dans le Morbihan », selon Loïc Le Meur, conseiller général de Ploemeur. Alors qu'Hervé Pellois (Vannes Est) préconise de « mener les discussions jusqu'au bout avec les autres laboratoires publics bretons pour une défense du service public ».
Sur cette dernière piste, Jo Kerguéris apporte une précision d'importance : « L'actuelle proposition faite par les trois autres départements ne nous garantit pas de maintenir le laboratoire morbihannais dans sa taille actuelle. Elle n'apporte pas d'éléments pour faire un laboratoire commun, chaque département veut garder son labo. » Avec de surcroît un récent événement que le président du conseil général n'a pas du tout apprécié : les laboratoires du Finistère et des Côtes-d'Armor ont répondu à l'appel d'offres pour le marché de l'analyse de l'eau en Morbihan.
Jo Kerguéris n'a pas aimé que ses voisins viennent chasser sur ses terres. Sa prochaine rencontre, le lundi 24 novembre, avec ses homologues bretons pour évoquer le dossier de ce laboratoire commun, risque alors d'être tendue...
Patrick CERTAIN.

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