contre « un outil de blocage du développement local ».
Vous avez dans un passé récent émis des réserves sur l'utilité du Parc naturel régional. Quelle est aujourd'hui la position de la ville de Vannes par rapport au projet de Parc naturel régional ?
L'idée a été lancée en 1993-1995 par le ministre Michel Barnier, qui suggérait ici un PNR d'un autre type. Je rappelle que le promoteur du PNR, en 1997, était Jo Oillic, mon suppléant en tant que député. Et à l'époque, le parc naturel n'avait pas beaucoup de partisans. Mais au fil des années, j'ai le sentiment que l'on s'est éloigné de l'idée de base. Bien sûr, nous devons concevoir notre développement avec la donnée de la qualité de la vie. Et le souci de protection est légitime dans cette zone sensible. Attention cependant de ne pas aller trop loin.
Justement, l'on a senti une certaine méfiance de votre part. Craignez-vous que la mise en place du PNR n'entrave votre politique d'urbanisation ?
Le Parc naturel régional est utile. Je ne conçois pas celui-ci sans la ville centre, c'est-à-dire Vannes. Mais il ne doit pas être un outil de blocage du développement local. Il ne doit pas freiner le développement économique pour la population qui y vit. Je dis qu'un Parc naturel régional, comme un Schéma de cohérence territorial bien conçus n'entraveront pas notre développement. Je dis aussi qu'il ne faut pas aller trop loin dans la rédaction des documents qui auront une valeur juridique, et les mots auront de l'importance. Gare aux conséquences juridiques. La façon dont sera rédigé le document peut par exemple entraver la mise à disposition de terrains pour des activités économiques, et ainsi bloquer leur arrivée.
Concilier une agglo qui gagne 3 000 habitants par an et la protection de l'environnement, cela n'est-il pas une mission impossible ?
Je redis que le PNR est une bonne chose s'il n'engendre pas de blocage. Nous devons avoir un PNR spécifique à notre territoire parce qu'il a la particularité unique en France de concerner la zone la plus dense en population où l'on veut faire un PNR (1). Rien à voir par exemple avec le Vercors. Je tiens à attirer l'attention sur des risques : Vannes a un prix du foncier équivalent à des villes plus importantes. Il y a ce phénomène côtier qui attire la population. Mais si on limite trop la possibilité d'urbaniser nos territoires, il y aura un effet d'élévation de prix. Un urbanisme trop contraignant fera flamber les prix. Au risque de devenir comme Menton une région pour 3e âge fortuné.
Vous souhaitez en somme garder votre liberté de manoeuvre ?
Vannes fait déjà des efforts de préservation à son niveau. J'estime d'ailleurs que le littoral est très préservé. Nous devons donc chercher à adapter le PNR à notre échelle, en incluant la ville de Vannes avec des règles de bonne conduite. Je ne suis pas partisan d'un PNR trop normatif et trop contraignant, et ce problème vaut pour toutes les communes dans leur Plu (Plan local d'urbanisme) : je suis pour un PNR qui n'oblige pas le Scot à être trop normatif. Nous devons donc continuer dans le sens du PNR ; j'en attends des règles publiques de préservation mais des règles pragmatiques. Si l'on va trop loin, on se ligotera.
Propos recueillis par
Éric de GRANDMAISON.
(1) Voir également notre article paru hier lundi 27 novembre sur « le Parc Naturel a ses ambassadeurs ».